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Gonna ou Going To ? Pourquoi je corrige mes élèves (même si “gonna” n’est pas faux)

  • Photo du rédacteur: James Batchelor
    James Batchelor
  • 18 mars
  • 3 min de lecture

« James, est-ce que je peux dire gonna ? »


C’est l’une des questions les plus fréquentes que j’entends comme professeur d’anglais à Vincennes. Les apprenants remarquent rapidement que les anglophones ne parlent pas comme dans les manuels — surtout lorsqu’ils ont appris beaucoup d’anglais grâce aux séries, aux films ou à YouTube.


Ma réponse est toujours la même : oui, vous pouvez dire gonna… mais pas tout de suite.


En réalité, enseigner l’anglais consiste souvent à trouver l’équilibre entre authenticité et bases solides. La langue réelle compte, mais la précision vient d’abord.



Ce que signifie vraiment “going to”

La structure be + going to + verbe de base exprime une intention ou un projet déjà décidé.

  • I am going to start a new project.

  • She is going to visit her family.


Cette forme est essentielle dans tout cours d’anglais à Vincennes, car elle apparaît constamment dans les examens, la communication professionnelle et l’écrit formel.


Contrairement à will, elle indique une décision préparée à l’avance.


Surtout, elle oblige à maîtriser le verbe auxiliaire be, qui pose souvent problème aux francophones.


Sans cette base, la phrase devient vite incorrecte.


Ce qu’est réellement “gonna” (et ce que ce n’est pas)

“Gonna” n’est ni un nouveau temps, ni une règle grammaticale différente. C’est simplement la façon dont going to se prononce souvent à l’oral, lorsqu’on parle vite et de manière informelle.


Dans la formation à distance ou les contenus d’E-learning basés sur des dialogues authentiques, ces réductions sont omniprésentes parce qu’elles reflètent la langue réelle.


Le problème, c’est que les apprenants traitent parfois gonna comme un mot de vocabulaire, au lieu d’une prononciation réduite.


Ils peuvent l’écrire dans des contextes formels, oublier l’auxiliaire (I gonna go), ou l’utiliser mécaniquement sans comprendre la structure.


Pourquoi je corrige

Corriger ne signifie pas être rigide. C’est organiser l’apprentissage.


En cours particuliers anglais, j’observe souvent que les raccourcis pris trop tôt deviennent des habitudes très difficiles à corriger. En linguistique, on parle de fossilisation : l’erreur cesse d’évoluer parce qu’elle est devenue automatique.


En insistant sur going to, j’aide les apprenants à :

  • maîtriser l’auxiliaire be

  • conserver une grammaire fiable

  • produire des phrases valables dans tous les contextes

  • ne pas confondre prononciation et orthographe


Une fois la structure automatisée, la souplesse devient possible.


D’autres réductions courantes (souvent apprises grâce aux séries)

“Gonna” n’est que la partie visible de l’iceberg. Les apprenants exposés aux contenus anglophones arrivent souvent avec toute une série de formes informelles :

  • wanna (want to)

  • gotta (have got to / must)

  • lemme (let me)

  • kinda (kind of)

  • sorta (sort of)


Ce ne sont pas vraiment du « slang » au sens strict, mais des réductions phonétiques.

Le problème n’est pas leur existence. C’est l’absence de maîtrise de la forme standard.

Connaître la forme complète going to reste indispensable pour plusieurs raisons.


D’abord, dans un contexte professionnel, ces formes peuvent paraître négligées ou peu sérieuses. Un entretien d’embauche ou une présentation n’est pas le lieu pour dire “gonna”.


Ensuite, la clarté est essentielle. Tout le monde ne comprend pas facilement la parole réduite, notamment dans les environnements internationaux où l’anglais sert de langue commune.


Dans une formation d’anglais avec le CPF, beaucoup d’apprenants visent justement la communication professionnelle. Dans ce cadre, la précision est souvent plus importante que l’imitation du natif.


Quand ces formes deviennent appropriées

Une fois la grammaire solide, ces réductions deviennent des outils.


Elles permettent de :

  • mieux comprendre les natifs

  • participer à des conversations informelles

  • paraître plus naturel

  • adapter son registre selon la situation


Dans une formation CPF d’anglais à Vincennes, les apprenants avancés travaillent souvent cette compétence : choisir le niveau de formalité adapté.


La vraie aisance ne consiste pas à parler familièrement tout le temps, mais à choisir la forme adéquate au bon moment.


Activités pédagogiques pour développer cette compétence

Cette flexibilité ne vient pas toute seule.


J’utilise régulièrement :

  • des exercices de transformation formel ↔ informel

  • des écoutes de dialogues authentiques

  • des jeux de rôle selon différents contextes

  • des activités de repérage d’erreurs


Fait intéressant : les élèves qui suivent aussi des cours particuliers français reconnaissent le même phénomène dans l’autre sens. Le français oral réduit lui aussi énormément les sons.


La gestion du registre est une compétence universelle.


Conclusion : corriger, c’est accompagner

“Gonna” n’est pas faux. C’est simplement avancé.


Maîtriser une langue ne consiste pas à éviter le langage informel, mais à savoir l’utiliser correctement.


En tant que professeur de français à Vincennes également, je constate que les progrès les plus rapides viennent d’une base solide suivie d’une variation stylistique.


Si je corrige gonna, ce n’est pas pour vous faire parler comme un manuel.


C’est pour que vous puissiez parler comme vous le souhaitez — formel, informel, professionnel ou détendu — sans jamais perdre en clarté ni en contrôle.


Et cette liberté commence par deux mots simples : going to.

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